Transmis par un de nos membres. Origine : http://www.swissguns.ch 

La réunion biennale des États chargée d’examiner l’application du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous leurs aspects, du 11 au 15 juillet, a fait l'objet de communiqués des Nations Unies, décortiqués ci-dessous. Nous avons déjà parlé des ALPC (édito du 3 juillet), les Armes Légères de Petit Calibre. 


Apparemment, la conférence s'est déroulée selon nos attentes. En voici ma lecture : 

Jour 1, lundi 11 juillet

Tout le monde félicite la Suisse, pour la mise au point du projet suisse d'instrument de marquage international des armes (juin 2005)... La France félicite la Suisse pour la mise au point du projet franco-suisse de marquage international des armes.

Les perles du jour :
- L'Australie annonce avec fierté qu'elle a mis en place une des lois "parmi les plus strictes au monde pour réguler et lutter contre la prolifération des armes légères."
- La Norvège estime qu'il faut porter davantage l’accent sur le contrôle des armes détenues par les particuliers, qui alimentent souvent les trafics illicites à la suite de vols ou d’actes criminels".
- Le St-Siège n'a rien dit, mais il l'a très bien dit.
- Le Belarus a adopté une loi interdisant la fabrication d'armes illicites.
- Le Sénégal "adopté une loi organisant le régime général des armes et munitions." (?)
- Le Sri Lanka a lancé "une étude nationale sur les armes légères illicites."
Le Kenya estime que les attentats à l'explosif de Londres montrent qu'il faut faire quelque chose pour les armes légères. (?)
- Les pays du tiers monde réclament du pognon.

Jour 2, mardi 12 juillet

Chacun se félicite du travail fait par son pays et regrette le manque d'efforts de la communauté internationale en générale.

Les perles du jour :
- Le Venezuela nous apprend que, pour lutter contre le commerce illicite des armes, il impose " des examens psychologiques des usagers légaux d’arme à feu." 
- Cuba regrette que tous les efforts de pays éclairés soient systématiquement rejetés par un seul pays, les Etats-Unis.
- La Tanzanie rappelle qu'elle a créé, "en 2001 le Comité de financement, désarmement et gestion des armes." (si c'est la Tanzanie qui finance, on est sauvé !)
- Et le Vietnam donne la solution : là bas, " l'État contrôle tous les types d'armes, dont la possession est réservée aux autorités publiques."
- Les pays du tiers monde réclament du pognon.

Jour 3, mercredi 13 juillet

On commence par laisser les quelques pro-armes égarés là-dedans donner leurs arguments… et parfois des cordes pour se faire pendre. Mais cela n'est pas grave, puisque personne n'écoute. 

Un porte-parole du tir rappelle que les tireurs sont environ 10 millions, l'autre fait le distinguo entre bonnes armes (de tir) et mauvaises (de guerre). La représentante des chasseurs montre comment la chasse contribue à l'écologie. L'ambassadeur des fabricants parle de sécurité des armes fabriquées aujourd'hui et celui des marchands affirme gravement que le trafic illicite nuit au commerce licite. Pitoyable !

Après la prestation des clowns de première partie, on parle sérieusement. C'est ce mercredi que se disent les choses sérieuses... même si je les qualifie de "perles".

Les perles du jour :
- "S’agissant de la question de la détention d’armes à feu par les civils, il a été indiqué que 60% des armes légères dans le monde étaient détenues par des civils, selon le « Small Arms Survey ». Les premières victimes sont donc les populations civiles, mais aussi ces populations sont elles les premiers auteurs de violences armées." 
- Le problème de la détention d'armes par des civils a pris une telle ampleur que, cette année, 133 Etats (dont la Suisse, d'ailleurs), ont " renforcé leurs mesures de criminalisation de ce type de détention.
- Des "instruments juridiquement contraignants" doivent être " négociés dans le but d’endiguer les transferts d’armes légères aux acteurs non étatiques, de réglementer leur commerce; de limiter la possession d’armes légères par les civils, et de contrôler les armes déjà en circulation dans les communautés."
- " Les armes légères sont également nocives dans les pays développés, en termes de pertes humaines et matérielles. Aucune population n'est réellement épargnée. Des travaux de l'ONU sur cette problématique ont commencé en 1987."
- Les pays du tiers monde réclament du pognon.

Jour 4, jeudi 14 juillet

La journée de jeudi est surtout consacrée à l'ambassadeur suisse Anton Thalmann et à son projet de traçabilité des armes, présenté devant l'ONU le mois dernier. Monsieur Thalmann parle longtemps, pour expliquer tout le bien que cette traçabilité va apporter. Il en parle sûrement très bien, mais personne ne semble avoir compris et le rédacteur du communiqué de l'ONU ne donne aucun renseignement précis.

Les perles du jour :
- Le Bureau des Nations unies sur la drogue et la criminalité estime qu'il serait essentiel d'harmoniser toutes les législations nationales sur les armes.
- Le représentant de l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en fait autant.
- L'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, l'UNIDIR réclame du pognon.
- Les pays du tiers monde en oublient de réclamer du pognon.

Jour 5, vendredi 15 juillet

Journée de clôture. Chacun rappelle les choses à faire de toute urgence (dans les 20 et quelques prochaines années). La conclusion de cette semaine de travaux très fructueux est que les États doivent continuer à renforcer à tous les niveaux le processus global sur les armes légères.

Pas beaucoup de perles : les délégués sont fatigués.

A part cela les courtiers sont désignés comme responsables de tous les maux… ils semblent remplacer, dans la phraséologie onusienne les trafiquants d'antan.

En résumé…

Les propositions concrètes à l'issue de la rencontre sont les suivantes : 
Il faut porter davantage l’accent sur le contrôle des armes détenues par les particuliers. 
Il faut renforcer les mesures portant sur la détention d'armes. 
Il faut enregistrer toutes les armes légalement détenues. 
Il faut réglementer le commerce des armes. 
Il faut limiter la possession d’armes par les civils. 
Il faut contrôler les armes déjà en circulation. 
Il faut harmoniser les législations sur les armes dans le monde. 
Ces mesures doivent être prises en particulier dans les pays développés, où les armes légères sont également nocives. Ailleurs, comme en Afrique, elles ont déjà été prises, avec le succès que l'on sait.


Le danger des ONG

Les ONG, les Organisations non gouvernementales, anti-armes prennent une importance de plus en plus préoccupante. L'IANSA, le GRIP, le Small Arms Survey notamment sont parmi les plus dangereux, avec des programmes de confiscation de nos armes agressifs.

Et les pingouins de l'ONU décident de travailler de plus en plus avec ces ONG choisies. Et ces ONG inspirent de plus en plus la politique des Etats.

Un exemple: "Selon de récentes estimations portant sur 2003, les conflits dans le monde auraient été responsables cette année là de 27'000 à 51'000 morts. Mais en réalité le nombre des victimes directes se situe probablement entre 80'000 et 108'000, estime l'étude" (Small Arms Survey).

Ainsi donc, le Small Arms Survey fait une étude qui conclut à 27'000-51'000 morts (précision remarquable !). Mais, comme ça ne fait pas assez bien, on dit, sans étayer de la moindre manière, que c'est plutôt 80'000-108'000. A relever que l'estimation après étude varie du simple au double, tandis que celle "au pif" montre un taux de variation de 20 % seulement.

Et c'est sur ces chiffres totalement fantaisistes que se basent les gouvernements, pour prendre des décisions sur les armes. Ces chiffres indiscutables, puisqu'ils proviennent du Small Arms Survey, qui est lui même une émanation de l'Institut des hautes études internationales de Genève et qui est directement financé par la Confédération helvétique.

Les conclusions du Small Arms Survey sont claires : pour empêcher les kalachnikovs spécialement fabriquées pour des enfants et ne portant aucun numéro, ni marque de fabrication de tuer des innocents en Afrique, il faut empêcher les Européens et les Américains d'avoir des armes !

Efficacité ?

Ce qu'il y a de dramatique, dans ce genre de conférences de l'ONU, c'est le mélange des genres, entre des pays réellement concernés par la piraterie, le terrorisme, les chiens de guerre, d'une part, et des glandeurs, contents d'inscrire leur nom dans le grand livre de l'histoire, d'autre part. Car nous savons déjà que de tout ce vent ne sortiront que de nouvelles contraintes pour les propriétaires d'armes occidentaux, quelques désarmements forcés, dans les pays à risques, de pauvres gens qu'on privera de tout moyen de défense et de grandes déclarations sur le terrible mal qu'on a vaincu. 

Pirates, terroristes et chiens de guerre ne sauront même pas qu'on a tenté de parler d'eux. Ou, s'ils l'apprennent, ce sera pour en rire.
F.A.L. 17 juillet 2005

100 % d'accord avec l'analyse. Je vais être froidement grossier, mais la connerie et le mensonge éhonté dans ce domaine apparaisse comme tellement énorme et mal fagoté que je me demande franchement comment un journaliste ou un politicien disposant d'un QI supérieur à 10 oserait ce servir de chiffres aussi manipulés pour justifier de la nécessité de revoir une législation dans un pays occidental quel qu'il soit. Que l'on aime ou que l'on déteste les armes à feu ou leur propriétaire devrait au fond n'avoir qu'une influence relative dans le débat qui se développerait pour déterminer s'il convient d'accorder sa confiance ou son vote à un média ou à une formation politique qui continuerait de soutenir un projet de loi sur ce domaine. 

Au passage, je rappelle que le GRIP une de ces O.N.G. nuisibles à nos droits est soutenue financièrement par nos impôts et que le parti socialiste est un des pourvoyeurs de fond de cette officine extrémiste.

Eric Blondieau, administrateur. pour la DAAA-AVWL

 

Les communiqués de presse de l'ONU:

 

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