La presse belge nous gâte! C'est le magazine " le vif, l'express" qui s'y colle cette fois.


Dommage, cet hebdomadaire publie généralement une information de qualité et une analyse plus finie que la moyenne des journaux publiés dans ce pays. Le journaliste parle d'un « influent lobby des armes » qui aurait contribué à faire avorter les deux précédentes réformes de la législation et serait cette fois encore active à réduire à néant les " louables efforts" déployés par madame Onkelinx pour sauver la vie de milliers de citoyens belge. C'est gonflé comme remarque! C'est surtout oublier que loin de refléter des faits objectifs le présent " papier" donne une vision partisane de la problématique que représenterait la présence d'armes dans les ménages du pays. C'est oublier un peu vite que la majorité des homicides sont commis avec des objets autres que des armes à feu et surtout que la majorité des armes à feu servant à agresser des personnes sont détenues et utilisées illégalement. L'opinion que distille l'article est celle de gens qui sont hostiles aux droits citoyens de longue date. Il faut aussi rappeler que le groupe de pression GRIP qui a une fois encore l'opportunité de développer sa thèse sans être contredit est une officine financée par des partis politiques et des associations de gauche, dont l'objectif principal, sont le désarmement des citoyens sous prétexte de résoudre les guerres. Je n'ai aucun problème à parler ici d'une forme de lobbying parmi les plus virulentes.


Le GRIP est orienté politiquement et à travers le réseau Iansa est le relais de Gun-control! .


L'ONU qui à travers le groupe de pression Gun-control tente depuis de longues années d'influer sur la législation des armes, et ce, exclusivement dans les pays démocratiques. Ces diverses actions sont activement soutenues par divers gouvernements parmi les plus dictatoriaux de notre belle planète. Cette action de l'ONU vise deux objectifs, l'enrichissement personnel de ces initiateurs qui grâce à ce programme perçoivent des revenus et entretiennent une pléthore de pseudo-spécialistes de la question. Si l'on ose parler de lobbying en matière de législation sur les armes à feu, c'est bien dans le camp des anti-armes qu'il faut aller chercher les manipulateurs et pour s'en convaincre il suffit de lire les rapports émanant de ces diverses associations ou commissions. Prétendre que la Belgique aurait des « obligations » à remplir en la matière et des comptes à rendre devant l'ONU ou l'Europe si elle ne modifie pas sa législation est un autre des gros mensonges récurrents du GRIP. Le droit Belge est en conformité avec les recommandations de l'Europe. L'ONU recommande certes une législation prohibitionniste en la matière, mais cette position ne reflète que l'avis des activistes décrits plus haut et le soutien international provient de régime non-démocratique ou douteux qui voit d'un bon oeil une législation qui affaiblit les opposants à leur dictature. Si l'ONU avait existé en 1940, il est probable que nos grands-pères qui ont résisté devant l'occupant allemand auraient été traités de terroristes par l'ONU, comme il est certain que les nazis auraient soutenu le programme de désarmement des citoyens proposé par Gun-control et le GRIP. 
 

Le projet Onkelinx, contribuerait à diminuer les abus et les dangers liés aux armes à feu!


C'est faux, madame la ministre le déclare elle-même dans sa note de présentation du projet. Le projet vise exclusivement la détention légale d'armes par les citoyens honnêtes de ce pays. Son but c'est d'empêcher les gens honnêtes de détenir et d'utiliser une arme à feu pour des motifs légitimes. Évidemment, on ne parle pas de prohibition totale, mais bien de compliquer la vie des citoyens qui respectent la législation et accessoirement à travers le paravent des détentions renouvelables d'instaurer un impôt sur notre loisir. Comment voulez-vous qu'un projet de loi qui ne s'attaquerait qu'à la détention légale puisse résoudre quoi que ce soit en terme de sécurité ou d'abus! Sur les +-300 homicides commis annuellement sur le territoire belge avec une arme à feu, moins de 8 sont attribuables à des armes détenues légalement. Rien ne prouve que ces 8 vies seraient épargnées dans le cas ou un régime plus prohibitif serait instauré. En considérant les deux mille cas de suicide annuellement recensés dans le pays, une cinquantaine de cas relève de l'usage d'une arme. Le taux de suicide par arme n'est que de 2.5 %, ce n'est vraiment pas l'outil de prédilection des suicidés. Encore faut-il, ici aussi, décompter les suicides commis avec des armes illégales et surtout, malheureusement, ne pas inclure les trop nombreux fonctionnaires de police qui se suicident avec leur arme de service. Ces deux catégories exclues, le taux de suicide imputable au citoyen détenant légalement une arme et ce suicidant est faible (moins de 0,05 %), il est même moins élevé que la moyenne nationale si on ne tient compte que de la population estimée des détenteurs d'armes légaux. Ce qui bat en brèche une allégation récurrente du lobby anti-arme, à savoir, que la présence d'arme serait un élément favorisant le suicide, un mensonge encore un.
 

 " On peut entrer chez un armurier et en ressortir avec un pistolet de tir sportif.... "


C'est non. Toutes les armes à feu courtes sont réglementées quel que soit le calibre. Le journaliste ne connaît pas son sujet ou le groupe de pression qui lui a commandé l'article, l'a mal informé. Pour les armes longues, le régime décrit n'est pas de la vente libre, mais bien un régime de vente soumise à déclaration et la police sera informée de l'achat. Libre à elle de prendre des dispositions, si elle juge que cette détention peu poser des problèmes d'ordre publics. Quant à prétendre que « n'importe qui » peut entrer et acheter une arme chez un armurier, c'est mal connaître le monde de l'armurerie. La DAAA-AVWL et d'autres associations ont d'ailleurs proposé des mesures pratiques pour améliorer ce système sans nuire à la viabilité des armureries.
 

 " 10 % des détenteurs d'armes seraient connus de la police"


J'aurais tendance à croire que 100 % des détenteurs légaux sont connus de la police puisque tous sont enregistrés auprès du RCA. Si comme le laisse à penser les paroles de ce commissaire 10 % des détenteurs légaux sont connus pour des faits contrevenants à la détention d'une arme, alors, ce monsieur ne fait pas son travail et plutôt que de militer pour une nouvelle réforme de la législation, il devrait prendre des dispositions pour que cela ne soit plus une réalité. Les détenteurs d'armes respectent la législation et sont parmi les citoyens les plus contrôlés du royaume. Si des gens sont en infractions avec la législation, il faut les poursuivre. Réformer le droit tous les 5 ans n'est certainement pas la solution et encore moins si ce droit vise à alourdir la machine administrative.



Je pourrais poursuivre!



Continuer à démonter l'article point par point, mais c'est un exercice que j'ai déjà réalisé plusieurs fois.Pour ceux qui découvriraient le site, je les invite à remonter dans l'historique pour retrouver les articles relatifs aux nombreux mensonges et omissions diffusées par la presse et le lobby anti-armes à longueur d'année. Il me paraît plus intéressant de s'intéresser au pourquoi de cet acharnement.



Du point de vue des lobbyistes!



L'idée est de maintenir la pression. L'objectif de mouvement comme le GRIP, c'est la prohibition totale. C'est à dire obtenir le droit de vous déposséder, que vos biens soient confisqués ou que le coût pour conserver vos biens soit à ce point élevé que vous vous sépariez de vos armes. Le GRIP s'acharne non pas à poursuivre des criminels, mais à criminaliser les honnêtes gens qui n'ont que le tort d'afficher leur droit à la différence. N'importe qui ayant plus de 10 points de QI, sait que la prohibition renforcera le marché noir et l'insécurité pour l'ensemble de la population. La France nous en donne le glorieux exemple avec ces cités qui deviennent des zones de non-droits et où à de multiples reprises des tirs ont été perpétrés contre les forces de l'ordre, à chaque fois avec des armes détenues illégalement. Des reportages passés à la télévision ont montré que dans ces cités des armes de guerre circulaient. L'échec australien ou anglais. Le taux de suicide au Japon nous éclairent sur le fait que des sociétés où les armes sont prohibées ne sont ni plus sures, ni plus sereines que les autres. Les USA cet éternel mauvais élève des technocrates onusiens démontre que malgré la vente relativement plus libre des armes qui y règne, le crime régresse plus fortement dans les états ayant une gestion libérale du droit des armes et que le taux de suicide y est moins élevé qu'en Europe. Désarmer les gens ne les rend pas plus heureux et il ne rend pas les villes plus pacifiques. Le combat anti-arme est un combat de perdant, un combat de profiteur et d'affairiste.



Du point de vue politique belgo-belge!



Laurette Onkelinx sait qu'elle n'aura pas la tâche facile, de nombreux parlementaires lui ont fait savoir que son projet de loi était un mauvais projet qui ne poursuivait aucun objectif profitable à la communauté. Aux seins mêmes du PS, des voix se font entendre pour appeler Madame la ministre à la modération, malheureusement sans grand effet semble-t-il. Le bilan politique de madame Onkelinx est globalement médiocre et elle voudrait accrocher une loi, même mauvaise, avant de quitter son poste. Le fait que cette victoire nuise à une majorité de citoyens lui importe peu. Le PS dans les affaires de corruption jusqu'au cou a aussi envie de trouver d'autres informations à donner à la presse. Enfin, nous arrivons à la fin de l'année, une période calme ou la présence parlementaire se fait moins dense, propice au mauvais coup. Demain, en 2006, nos politiques seront en campagne pour les communales et évidemment le PS n'a pas envie de voir ce genre de débat perdurer à l'approche d'une échéance importante.



Dénoncer ces manipulations!



C'est le but, mais aussi faire prendre conscience au moins à une partie de la presse qu'elle a un vrai devoir, un vrai rôle de contre-pouvoir à jouer. Les gens qui se battent dans ce pays pour préserver, leur droit et leurs patrimoines ne sont pas des criminels. Ils se sentent insultés de lire ce genre d'articles ou on laisse croire le contraire. 



Les gens qui détiennent des armes ne sont pas des irresponsables! Encore moins des criminels!



Nous sommes conscients que le risque zéro est une utopie en matière d'armes, mais cela ne doit pas autoriser une politicienne arriviste à faire tout et n'importe quoi pour servir son plan de carrière. Nous sommes favorables à un contrôle régulier de ce qu'il advient des armes et des personnes qui les détiennent, c'est une bonne chose. Transformer cela en impôt déguisé en soumettant chaque arme, chaque détenteur d'arme lors du renouvellement de l'autorisation a une taxe, cela n'apporte rien en terme de sécurité, c'est même contre-productif puisque cela poussera certaines personnes à recourir au marché illégal pour s'équiper. C'est aussi injuste de point de vue social puisque les gens les plus riches seront les moins impactés par une taxe. La détention d'arme deviendra une affaire de revenu. Vouloir connaître qui détient des armes et pourquoi il les détient, c'est légitime, établir un fichier et utiliser ce fichier ultérieurement pour spolier les gens de leurs biens c'est contre-productif.



Quelque soit les réformes envisagées notre organisation estime que les armes déjà détenues et les détenteurs déjà enregistrés doivent bénéficier du principe de non-rétroactivité. Les modifications législatives tant pour la détention que pour l'usage ne s'appliquant qu'aux armes acquises postérieurement à l'entrée en vigueur de la réforme.



La DAAA-AVWL a des idées et des propositions concrètes, d'autres organisations ont , j'en suis convaincu aussi des idées. Peut-être serait-il temps que les politiciens de ce pays et aussi la presse écoutent toutes les parties en présence sur le dossier. Qu'une analyse objective des chiffres soit produite avant de se forger une opinion.Quand à l'hebdomadaire le vif et à son « journaliste » qu'ils comprennent que loin de servir l'intérêt général ce genre d'article favorise la radicalisation des extrémismes et l'élargissement du fossé qui existent entre le monde politique et le monde réel.


Eric Blondieau, administrateur. pour la DAAA-AVWL

6 commentaires

Ci-dessous notre réaction sur l'article dan l'hebdomadaire "LE VIF"nr 45 du 11 novembre 2005


Défense Active des Amateurs d’Armes asbl

Actieve Verdediging der WapenLiefhebbers vzw

Le 10 novembre 2005

Un mort, chaque jour, en Belgique.

Réaction sur l’article paru dans « LE VIF »


Messieurs,


Nous déplorons sincèrement le ton et les arguments tendancieux, opportunistes et à certains endroits totalement faux de l’article précité.

Permettez-nous de vous dire que déjà le titre que vous avez employé est déjà tellement tendancieux et plein de préjugés vis-à-vis des détenteurs d’armes légaux que la teneur de l’article ne pouvait malheureusement être qu’accusatrice et tendancieuse envers ces derniers.
En effet nous voudrions faire la réflexion suivante à ce sujet : s’il y a 1 mort par jour par armes à feu, nous aurions bien voulu vous demander de nous indiquer le nombre de cas perpétrés avec des armes à feu tenues légalement par des particuliers et le nombre de cas avec des armes illégales ou des armes en possession des forces de l’ordre. Il est en effet trop simple de charger tous les détenteurs d’armes légales de tous les cas d’espèce. Et les associations douteuses comme le GRIP se gardent bien de donner ces détails.

Une autre donnée tendancieuse et mensongère que le GRIP vous a communiqué est la suivante : « La Belgique ne peut plus s’y soustraire, vu ses obligations internationales vis-à-vis de l’Union Européenne et de l’ONU ». Sachez que la Belgique est conforme à la directive Européenne concernant les armes à feu et que sur le plan des armes chez ses particuliers la Belgique n’a, actuellement, aucune obligation vis-à-vis de l’ONU, organisme d’ailleurs de plus en plus contestable et contesté.

De plus l’ONU n’est malheureusement pas l’organisme le plus indiqué pour donner des leçons de démocratie et de droits démocratiques en prenant en considération ses membres de pays totalitaires et même franchement dictatoriaux. En outre, l’ONU connaît ses propres cas de mauvaise gestion et de corruption par manque de responsables intègres.

En ce qui concerne les pourcentages d’armuriers véreux et autres détenteurs « connus pour des faits à la police » : les contrôles effectués par la police chez les armuriers sont de nature à dépister les anomalies et de prendre des mesures en conséquence. Ceci est le rôle normal et attendu de la police. Les lois ne doivent pas être changées, la police fait juste son travail. Dans le cas des personnes connues chez la police : les conséquences de la détention légale d’armes chez ces personnes, si elles sont déjà effectivement répertoriées pour faits, ne semble pas avoir de conséquences pour la sécurité publique vu le nombre très faible d’incidents.






Le problème réel, et vous ne le touchez qu’en passant, c’est la possession d’armes illégales chez les criminels. Possession qui touche une part importante de la population au vu des multiples cas de hold-ups et autres attaques à main armée où les victimes sont livrées à leur sort sans que le gouvernement ne prenne une seule mesure pour endiguer ces faits.

Madame Onkelinx, impuissante d’atteindre les criminels, s’en prend aux citoyens honorables en les accusant à tort d’être à l’origine d’une insécurité, dite familiale et de voisinage. Encore une fois : les cas d’espèce avec des armes légalement détenues sont très rares et ne sont pas de
nature à demander l’enterrement de l’armurerie et de la possession légale d’armes (sauf exceptions), entraînant une fois de plus inutilement la perte d’emplois de plusieurs milliers de personnes qui travaillent directement ou indirectement dans le secteur.
Dans les cas de suicides par armes à feu, il ne faut pas oublier que les cas de suicides par explosion au gaz (et il n’y en a pas mal, suivant les média) sont compris dans les mêmes chiffres.
En outre, le mauvais fonctionnement du registre central des armes n’est pas un problème de législation mais d’organisation au niveau de l’administration et ne doit pas être un prétexte pour s’acharner sur les amateurs d’armes.

La comparaison soudaine et opportuniste avec la Suisse ne semble être due qu’a une augmentation de la criminalité armée d’armes illégales dans ce pays et utilisée abusivement comme comparaison avec des faits commis à l’aide d’armes légales. Jusqu’à ce jour n’était tenu comme pays à comparer : les Etats-Unis, où, malheureusement pour les anti-armes, la situation s’est nettement améliorée malgré ou grâce à une augmentation explosive de la détention d’armes légales chez les particuliers.

Nous déplorons profondément que vous ne donnez pas la parole aux personnes qui sont injustement visées par la nouvelle proposition de loi et que vous n’avez écouté que les porte-parole d’associations douteuses et controversées comme le GRIP. (Hormis une petite intervention par un porte-parole de l’UNACT)

Au vu des simples observations précédentes nous considérons les intérêts des amateurs d’armes légaux et honorables préjudiciés injustement auprès du public et vous demandons, soit de faire un reportage sur les armes incluant un large avis des représentants des amateurs d’armes légales, soit de publier la présente comme droit de réponse.


DANIEL BEETS
Daniel / mardi 15 novembre 2005 @ 16:07 #1
Re: ARTICLE SUR LES ARMES DANS LE VIF
pour ceux qui n ont pu lire l article dans la revue : le vif , la voici .



Mieux contrôler les armes à feu et leurs détenteurs : voilà l'objectif principal d'un projet de loi indispensable, sur lequel les défenseurs des armes tirent à boulets rouges. Analyse

La vente libre des armes bientôt interdite: il faudra des autorisations.
Entre 1,5 et 2 millions d'armes circulent en Belgique, estime le ministère de la Justice. Mais seulement 760 961 d'entre elles sont enregistrées au Registre central des armes (RCA), selon le dernier recensement disponible, établi le 15 août dernier. Bien sûr, celles qui ne sont pas officiellement répertoriées ne traînent pas toutes entre les mains de criminels. Loin de là. Beaucoup proviennent, par exemple, d'un héritage. Il s'agit également de fusils de chasse acquis avant l'obligation, depuis 1991, de les enregistrer. Le marché illégal des armes n'en est pas moins inquiétant. Aussi, pour mieux contrôler leur circulation, la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS) a déposé, conformément à la déclaration gouvernementale de juillet 2003, un projet de loi qui doit bientôt être débattu au Parlement.Et débat il y aura. Celui-ci risque d'ailleurs d'être houleux, car même la majorité violette compte en son sein de farouches adversaires du texte. Parmi les plus combatifs : le sénateur socialiste Jean-Marie Happart et le député MR Philippe Monfils. Viscéralement opposé au projet de loi, le très actif lobby belge des armes dit aussi pouvoir compter sur l'appui du sénateur indépendant Hugo Coveliers et de parlementaires CD&V. On s'en souvient : ces dix dernières années, les deux précédentes tentatives de toiletter en profondeur la loi vieillotte de 1933, qui régit actuellement la fabrication, le commerce et le port des armes, avaient avorté, notamment sous la pression des socialistes, soucieux de préserver l'emploi à Herstal... La troisième tentative sera-t-elle la bonne ?
L'Union nationale de l'armurerie, de la chasse et du tir (Unact) se dit persuadée que le projet va capoter. « Trop simpliste ! Inapplicable ! Il ne tient pas la route ! » tranche son vice-président, Jean-Marie Demaret. Cette fédération, la plus représentative et sans doute la moins agressive du pays, rassemble la plupart des 600 armuriers de Belgique, ainsi que quelque 24 000 chasseurs et 25 000 tireurs sportifs. Pour le Grip (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité), par contre, « l'initiative de la ministre, bien qu'imparfaite, constitue un pas important pour diminuer les abus et les dangers liés aux armes à feu ». « Ce projet doit passer. La Belgique ne peut plus s'y soustraire, vu ses obligations internationales vis-à-vis de l'Union européenne et de l'ONU », souligne Ilhan Berkol, chercheur au Grip.
Un des buts essentiels du nouveau texte est de mettre fin à la vente libre des armes, toujours autorisée pour certaines d'entre elles. Aujourd'hui, on peut entrer chez n'importe quel armurier et en ressortir avec un fusil de chasse ou un pistolet destiné au tir sportif, pourvu qu'on soit majeur et qu'on ait présenté sa carte d'identité au vendeur qui est tenu d'en envoyer une copie à la police locale. Autrement dit, une simple déclaration d'acquisition suffit. Le projet de loi prévoit de soumettre dorénavant la vente d'armes de chasse et de sport à une autorisation préalable, déjà obligatoire pour les armes de défense (revolvers, pistolets, armes à feu dont la longueur du canon est inférieure à 30 cm, etc.).
Pour obtenir cette autorisation, renouvelable tous les cinq ans, tout demandeur devra produire un certificat médical le déclarant apte à manipuler une arme sans danger pour lui-même et pour autrui. Il devra aussi avoir fait l'objet d'une enquête de police sur ses antécédents judiciaires, réussir une épreuve théorique et pratique sur la manipulation d'une arme à feu et présenter un motif légitime pour justifier sa requête. « A titre de comparaison, n'importe quel amateur inscrit dans une fédération sportive doit passer chaque année une visite médicale », relève Cédric Poitevin dans la note d'analyse qu'il a rédigée pour le Grip. Une dérogation sera toutefois accordée aux détenteurs d'un permis de chasse (normalement obligatoire pour les chasseurs) ou d'une licence de tir sportif, ceux-ci offrant déjà les garanties requises. Malgré cela, l'autorisation généralisée à toutes les armes est le point le plus critiqué du texte Onkelinx par l'Unact. L'association affirme que tout est mis en £uvre pour réduire le nombre de tireurs et de possesseurs d'armes légales, sur lesquels on fait peser une présomption de culpabilité.
« En généralisant l'autorisation de détention, on tente de diminuer la délinquance d'ordre privé, car les armes à feu sont souvent utilisées dans des violences intrafamiliales ou de voisinage, explique Philippe Dulieu, expert pour les armes au cabinet de la Justice et 1er substitut au parquet de Liège. Dans un conflit, lorsqu'un pistolet ou un fusil se trouve à portée de main, il est tentant de s'en servir. C'est logique ! » Le magistrat se souvient de l'appel désespéré d'un commissaire de police en Outremeuse (Liège), il y a deux ans, lui demandant quoi faire alors qu'un maniaco-dépressif notoire, en possession de plusieurs carabines de chasse, venait de sortir d'un institut psychiatrique. Selon la loi, on ne pouvait lui retirer ses armes que s'il commettait l'irréparable. Ce que le forcené a finalement fait en tirant une décharge de plomb sur un adolescent, le blessant au bras et au dos. Ce sont ces « accidents » que le projet de loi veut prévenir.
Après la France, la Suisse et la Finlande, la Belgique affiche le quatrième taux de mortalité le plus élevé par arme à feu d'Europe occidentale (soit 17 pays). C'est ce que révèle le dernier rapport de Small Arms Survey, un institut de recherche indépendant baséà Genève. Au cours de l'année 2003, 379 Belges - soit, en moyenne, au moins un par jour - ont perdu la vie à cause d'une arme à feu, dont 290 en se suicidant et une soixantaine par homicide. Les chiffres sont similaires pour 2004.
10% de malhonnêtesAutre objectif important du projet de loi : mieux réglementer l'accès à la profession d'armurier. A l'avenir, pour pouvoir exercer leur activité, les armuriers devront réussir une épreuve d'aptitude (connaissance de la loi, de la déontologie professionnelle et de la technique des armes) et prouver l'origine de leurs avoirs financiers. L'accès à la profession sera autorisé, ici aussi, pour des périodes renouvelables de cinq ans. Actuellement, pour ouvrir une armurerie, il suffit d'introduire, auprès du gouverneur de province, une simple demande d'agrément, en fonction du type d'armes qu'on veut vendre, et d'y joindre un certificat de bonne vie et m£urs. L'accès à cette activité particulière n'est donc quasi pas réglementé, contrairement à d'autres métiers comme l'horlogerie ou les pompes funèbres, par exemple. Or les armuriers ont le droit de modifier et même de fabriquer des armes. En outre, selon la police, le marché illégal est alimenté, en partie, par un certain nombre de marchands d'armes.
« Environ 10 % de la profession s'avère malhonnête », estime le commissaire Donald Sabbe, qui dirige le programme « armes » de la police fédérale, au sein de la direction de la lutte contre la criminalité contre les biens. Contrairement aux idées reçues, seulement un cinquième du marché noir des armes à feu provient de filières issues de pays étrangers, en particulier des Balkans. Les autres sources du trafic sont le vol dans des bureaux de police, à l'armée ou dans des armureries, mais aussi les collectionneurs ou les marchands véreux qui noircissent des armes légalement acquises pour les injecter dans le milieu criminel.
Depuis 2004, de nombreux contrôles sont effectués auprès des armuriers. Au début du mois de juillet, ceux de la région de Dinant en ont fait les frais. Résultat : 250 armes saisies ainsi que plusieurs tonnes de munitions. Chez l'un des vendeurs, les policiers ont même trouvé des munitions Vulcan 20 mm pour avions de chasse ! La profession - et elle semble en être consciente - a tout intérêt àêtre nettoyée. Les 287 stands de tir du pays se sont également retrouvés dans le point de mire des forces de l'ordre, ces deux dernières années. L'un d'eux a dûêtre fermé. « Près de 10 % des tireurs sont connus de nos services pour diverses raisons », révèle Donald Sabbe.
Pour mieux lutter contre le commerce clandestin, le projet Onkelinx prévoit également d'améliorer la « traçabilité» des armes, c'est-à-dire la procédure permettant de suivre chacune d'entre elles, surtout lorsqu'elles changent de main. Pour l'instant, les armes importées et celles détenues par les armuriers ne sont répertoriées dans aucune banque de données, ce qui rend certaines enquêtes judiciaires difficiles. Lorsque la nouvelle loi entrera en vigueur, chaque arme sortant d'usine ou entrant sur le territoire belge recevra un numéro d'identification unique et sera inscrite au Registre central des armes.
Et le marquage ?De manière générale, c'est tout le système de l'enregistrement qui doit être amélioré. Dans un récent rapport sur le RCA, le comité P de contrôle des services de police a pointé la mauvaise traçabilité des armes en Belgique : mauvais suivi des armes vendues ou cédées, des armes enregistrées au nom de personnes décédées ou dont le détenteur a changé d'adresse... « Le registre central tourne avec un programme informatique vétuste, reconnaît Marc Vandendriessche, directeur de la banque de données nationale de la police fédérale. Un nouveau programme devrait être opérationnel d'ici à la fin de 2006. »
Pour le reste, le bon recensement des armes dépend des services qui les enregistrent directement dans la banque de données du RCA, à savoir les onze gouverneurs (pour les armes de guerre) et les 196 zones de police locale (pour les armes de défense, de chasse et de sport). Toujours selon le projet de loi, le système sera simplifié, puisque toutes les autorisations émaneront dorénavant des pouvoirs provinciaux.
Si le texte de la ministre de la Justice évoque la traçabilité des armes, il ne dit rien, par contre, sur le marquage et l'enregistrement des munitions, comme l'indique Cédric Poitevin dans sa note d'analyse. Or les enquêteurs policiers eux-mêmes sont demandeurs d'un marquage adéquat des lots de munitions. Le Brésil l'a déjà fait. Pourquoi pas la Belgique ?
Thierry Denoël
La note d'analyse du Grip peut être consultée sur le site www.grip.org
L'UNACT possède également un site Internet : www.unact.be
11 novembre 2005
Eric / mardi 15 novembre 2005 @ 16:08 #2
Si je lis bien cet article, environ 10% des armuriers et 10% des tireurs seraient malhonnêtes et/ou "connus des services de police". Eh ben... Moi qui croyais que nous étions des citoyens sur-surveillés !

Ce soir, au stand, je saurai que sur les cinq lignes occupées à mon niveau, il y aura au moins un demi malfrat. Vivement que tout soit interdit... aux autres.
Invité / mercredi 16 novembre 2005 @ 16:08 #3
La presse belge me semble aussi objective que la francaise!
Aprés, ils s'étonnent de la chute des ventes.

Radio Paris, ment, radio Paris ment, radio Paris est ...... et c'est pareil en Belgique.
Invité / mercredi 16 novembre 2005 @ 16:09 #4
Je pense même qu'au dela de la problèmatique des armes, les gens devraient commencer à s'inquiéter de s méthodes utilisées par nos responsables politique.
Invité / jeudi 17 novembre 2005 @ 16:10 #5
Un chaque semaine!
Ben oui, faut les comprendre. Quand on n'a pas d'arguments solides, on ne peut que faire du lavage de cerveau!
Jacques / lundi 12 décembre 2005 @ 16:11 #6

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